
L’une des grandes différences dans le sport, entre une pratique amateur et professionnelle, est la charge physique que le sportif de haut niveau doit encaisser chaque jour. Ce dernier a décidé de consacrer une partie de sa vie à façonner cet outil si bien conçu, à la fois solide mais vulnérable. Le football ne déroge pas à la règle. Avec des entraînements quotidiens et des saisons à rallongent où certains joueurs dépassent les 70 matchs par exercice, le corps humain est continuellement sous pression. En fonction de la morphologie de certains, les blessures sont plus ou moins graves et longues à restructurer dans cet ensemble complexe. Nous avons donc décidé d’ouvrir notre salle de consultation, tenue par le doc qui traitera les blessures notables de l’actualité sportive. Suite à la blessure au genou de Leroy Sané dans le Community Shield face aux reds de Liverpool, le doc a décidé de nous éclairer sur les blessures relatives aux ligaments croisés, qui constituent un véritable frein dans la pratique et progression d’une activité sportive.
Les ligaments jouent un rôle fondamental dans tous nos déplacements car ils permettent la stabilité de l’articulation en question. Ceux-ci sont appelés ligaments croisés car ils se rencontrent au centre du genou.
Que se passe-t-il alors lorsque ceux-ci subissent une lésion ou une rupture ?
Pour comprendre ce qu’il se passe lors de ce type de blessure, il faut d’abord comprendre le fonctionnement de l’articulation en bonne santé. Comme dit plus haut, ils se situent au centre du genou, c’est-à-dire entre deux cartilages : le condyle latéral et le ménisque. Pour résumer, ils participent activement au maintien entre le fémur et le tibia.

Lors de chaque flexion, extension et rotation de l’articulation, ceux-ci sont actifs car ils nous permettent de ne pas tomber. Concernant ses blessures, elles peuvent être qualifiées « d’ordinaires » car le ligament antérieur est le plus souvent blessé notamment lors de faux mouvements trop brusques ou de mauvaises réceptions de chute.
Une lésion se diagnostique par une douleur intense, l’incapacité à marcher et un claquement sec se fait parfois entendre du fait de l’apparition de la blessure. Vu de l’intérieur, le ligament s’élonge et se grossit, ce qui explique les douleurs et les problèmes de mobilité puisque étant trop étiré il n’assure plus correctement sa fonction.
Dans le cas d’une rupture, le ligament s’est rompu à cause d’un mouvement trop extrême ou d’un choc trop violent pouvant également déplacer les os qu’il maintien. Lors de la rupture, un craquement se fait entendre est une douleur très aigue est ressentie. Mais il arrive parfois que certaines personnes ne ressentent aucune douleur dans le cas d’un trop grand choc car les nerfs auront également subi un traumatisme. Ces personnes ressentiront néanmoins une instabilité au niveau du genou ou un blocage qui les empêchera de marcher. Le diagnostic se fait de la même manière que pour une lésion.
Comment soigner ces blessures ?
Tout d’abord, les mouvements impossibles, douloureux et l’élasticité du genou sont testés lors d’examens préliminaires.
Une fois le diagnostic établit suivent des examens approfondis, le plus souvent des radios pour vérifier les os puis une échographie voire une IRM pour confirmer la lésion ou de la rupture. C’est donc la phase de repos qui commence.
Pour guérir une lésion, il est nécessaire de garder la jambe au repos, le plus souvent avec des béquilles et une orthèse ou un plâtre si grosses complications. Le temps de repos dépend des capacités physiques de la personne mais 1 à 3 semaines d’arrêt total sont préconisées. En plus de l’immobilisation partielle, un traitement antidouleur et anti-inflammatoire sont généralement prescrits, selon l’inflammation du ligament. De plus, lors d’une position assise ou couchée, la jambe doit être surélevée pour favoriser la circulation sanguine. Puis dans la semaine suivant la blessure, des compresses de glace et d’alcool peuvent être prescrites pour réduire l’inflammation si l’articulation est trop enflée.
Il est néanmoins possible que la blessure s’aggrave, notamment si elle est mal soignée. C’est donc pour cela qu’il faut impérativement suivre les indications des médecins, sous peine de se transformer en rupture du ligament si celui-ci s’étend trop.
Pour une rupture, une immobilisation plus longue (1 à 3 mois) peut être envisagée, jusqu’à une intervention chirurgicale pour réparer le ligament. En tout, une personne ayant une rupture du ligament passe entre 4 mois à 1 an sans activité physique. Ce délai comporte l’opération si besoin, l’immobilisation post-opératoire et la rééducation. Il est important de suivre une traitement assez « lourd » car cette blessure ne se soigne pas naturellement et augmente fortement le risque d’arthrose.
Le traitement par rééducation est combiné avec le port d’une orthèse et de béquilles et est souvent proposé aux personnes plus âgées du fait de la lourdeur de la période post-opératoire. En ce qui concerne l’opération, il s’agit d’une ligamentoplastie. Lors de celle-ci, on reconstruit le ligament cassé à l’aide du tendon rotulien. Cette intervention devient nécessaire si l’instabilité persiste et si le blessé pratique du sport à haut niveau. On ne peut cependant pas opérer les premières semaines après la blessure car le genou et trop enflé, les chirurgiens attendent donc environ un bon mois voire 2 pour que le genou soit totalement dégonflé. Après l’opération, suit une période de convalescence qui varie selon les personnes, puis plusieurs mois de rééducation difficile puisque généralement il faut réapprendre à marcher.
Pour la suite ?
Pour une lésion, si la période de repos se passe bien, le genou commence à dégonfler, la douleur disparait et dans le meilleur des cas certains mouvements redeviennent possibles. S’en suit alors une phase de rééducation pour remuscler et retrouver l’élasticité du ligament et donc pouvoir reproduire certains mouvements. Il n’est pas nécessaire d’avoir terminer la rééducation pour reprendre les activités physiques, mais certaines précautions sont tout de même à prendre.
Tout d’abord il peut être demander de reprendre le sport avec une genouillère pour maintenir légèrement l’articulation et éviter une blessure si elle est encore fragile. Le plus important étant de reprendre petit à petit, ne pas trop forcer certains mouvements et surtout d’arrêter lors d’une douleur trop vive.
Pour une rupture, les consignes sont les mêmes, mais le port d’une genouillère devient systématique et il est recommander de faire encore plus attention à ces mouvements.
Malheureusement, même après plusieurs mois voire années, certaines douleurs peuvent être encore ressenties, et il n’est pas certain de retrouver la même mobilité qu’avant la blessure.
Dans le cas de Sané ?
Même si l’identité de la blessure reste floue, il écope de 7 mois d’arrêt et la possibilité d’une rupture parait plus plausible que celle d’une lésion. Malgré que sa blessure ne soit pas à sa jambe d’appui, il sera difficile de retrouver explosibilité et la vitesse qu’il possédait lors des matchs. La bonne nouvelle est qu’il est encore jeune et étant sportif de haut niveau, il récupérera donc plus vite.
Source image: MCFrance (manchester city france) (non officiel)